vendredi 29 avril 2016

Wiiiiinnnnn...

Hier après-midi après avoir récupéré Mini Chou à l'école, nous sommes allées avec ma maman chez Lidl pour quelques courses.

Arrivées au rayon des fruits et légumes, des hurlements d'enfants résonnaient dans tout le magasin. Vous savez ceux qui donnent un peu l'impression qu'on les égorge. Je compatissais envers la maman, je sais au combien ce genre de situation est pesante lorsqu'on la vit.

J'ai de la chance Mini Chou en 5 ans et demi m'a fait rarement des colères en magasin, mais ça me suffit pour savoir que vivre un tel moment est juste horrible. On se sent jugée, on sent dépassée, on se sent désemparée et on aimerait bien que quelqu'un nous tende la main. Souvent il ne faut pas grand chose pour désamorcer la situation, juste qu'un tiers parle à l'enfant.

Hier il y a avait énormément de monde chez Lidl, certainement l'effet fin de mois avec l'arrivée de la paie je suppose. Je me sentais plus qu'oppressée par tout ce monde...il faut dire que les gens sont tous sauf aimables ils bousculent sans ménagement et font une gueule de quinze culs.

Je faisais mes courses le souffle coupé tout en entendant la petite fille hurler. Ma mère à côté de moi me disait qu'elle ne supportait plus les enfants qui hurlaient. Je me sentais de plus en plus mal et ça me déchirait le cœur d'entendre la gamine hurler de plus en plus fort. Son grand frère était blasé, sa maman essayait tant bien que mal de la calmer  mais ses efforts et sa bonne volonté étaient vains ça mettait juste de l'huile sur feu et entretenait sa colère.

En passant à côté du caddie où la petite pleurait, j'avais envie d'agir mais je n'ai pas osé. C'est pas facile de se « mêler » des affaires des autres, on ne sait jamais si les gens vont le prendre bien ou pas...alors j'ai continué ma route.



Au détour d'un rayon je vois la maman de la petite fille se diriger vers les caisses pendant que la puce restait allongée à plat ventre par terre toujours à brailler. C'était le moment ou jamais .J'avais le cœur qui battait la chamade - vous savez moi je suis une grande timide et une angoissée chronique de surcroît- mais je jugeais qu'il fallait agir.

J'ai laissé mon caddie et je suis allée voir la petite fille. Je me suis accroupie devant elle en lui demandant ce qui n'allait pas. Elle s'est arrêtée de pleurer, je l'ai relevée et écoutée attentivement. Elle m' a expliqué qu'elle ne voulait pas marcher mais qu'elle ne voulait pas non plus aller dans le caddie. Je lui répondu qu'il fallait choisir l'un ou l'autre. Elle reniflait, quelques larmes perlaient sur ses joues. Je lui ai pris les deux mains et je lui ai parlé doucement en la regardant avec douceur et bienveillance.

C'est tellement plus simple quand ce n'est pas notre enfant, il n'y a pas tout le côté émotionel.

Elle s'est calmée. Elle avait juste été dépassé par ses émotions, ça nous arrive à nous aussi les adultes à part qu'on le manifeste différemment (quoique...). Elle sortait de l'école où elle a dû se retenir toute la journée pour ne pas bouger, un peu de fatigue par dessus et boom.

Je lui ai dis dans l'oreille un secret  « tu sais les crises comme ça, ça fatigue les mamans ». Je l'ai regardé tendrement, lui ai dit d'aller retrouver sa maman et de lui faire un gros câlin . Entre temps sa maman était arrivée derrière moi, la petite s'est jetée contre elle et l'a serrée fort.

A mi-mot la maman m'a remercié et j'ai senti son soulagement.



Être parent ce n'est pas simple, on fait de notre mieux et des fois...je dirais même souvent, ce n'est pas suffisant.  Cette petite fille était tellement submergée par ses émotions que peu importe les actions de sa mère ça n'aurait servi à rien. Je pense qu'elle ne savait même plus ce qu'elle voulait et pourquoi elle était dans une colère noire.

Certains vont dire que cette petite est un petit tyran mal élévé, que la maman est laxiste et incompétente. Il est tellement facile de mettre des étiquettes.

Nous sommes juste des humains, et parfois on a juste besoin qu'une personne nous tente la main.

Hier on était beaucoup dans le magasin, mais chacun préférait regarder ailleurs. C'est tellement plus simple de juger, de critiquer que d'agir.

Je suis contente d'avoir agi, d'avoir pu aider cette maman et cette petite fille. J'ai déjà vécu une situation similaire quand ma puce était plus jeune et j'aurais bien aimé que quelqu'un me tende aussi la main.




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