mardi 10 janvier 2017

Quand tout s'écroule...

La fin de l'année 2016 s'est terminée avec une merveilleuse nouvelle: ma grossesse. Il m'aura fallu deux test de pipi et surtout la prise de sang pour y croire tellement c'était inattendu.

Malgré tout je ne sais pas bizarrement j'avais bien dû mal à m'impliquer,  à me sentir enceinte... Je m'en voulais d'ailleurs je l'avais tellement attendue cette grossesse et une fois en route j'étais plus que stressée... Je voyais les gens autour de moi plus heureux que moi en apprenant la nouvelle, s'en était troublant.

2017 est arrivée avec ses jolies promesses qu'elle n'aura même pas tenu trois jours.


Mardi 03 janvier j'ai commencé à avoir des saignement vers midi. J'ai eu ce mauvais pressentiment, celui qui me suivait depuis la découverte du test positif.  J'ai essayé de me rassurer en me disant que ça arrivait du spotting le premier trimestre en y croyant à moitié.


La journée fût longue,  elle s'est terminée aux urgences avec la nouvelle que je redoutais tant : ma grossesse était terminée, mon corps était en train de faire le ménage. J'ai senti mes larmes coulées en regardant l'écran de l'échographie, en voyant qu'elle n'était pas normale et surtout qu'il n'y avait aucun rythme cardiaque.


Le sage femme a confirmé. J'ai serré les dents pour ne pas éclater en sanglots.  Il m'a expliqué que c'est la faute à pas de chance. Vous voyez j'ai toujours pensé que ça n'arrivait qu'aux autres,  que je ne connaîtrais jamais ça...

Je suis rentrée à la maison le cœur lourd.


Mercredi matin j'ai fait une prise de sang qui a confirmé l'arrêt de la grossesse....mon taux de HCG était à peine le double de ma prise de sang de début décembre.


Jeudi retour à la maternité pour la confirmation et rencontrer un médecin pour l'IMG (interruption médicale de grossesse). Même si mon corps avait commencé à faire son boulot, j'ai eu des médicaments pour accelérer le processus sinon ça peut être très long. J'ai eu la chance de pouvoir la faire vendredi chez moi...enfin ça a duré tout le week-end. Mes toilettes se sont transformés en scène de films d'horreur.J'ai eu suffisamment de médicaments pour anesthésier la douleur. Au fur et à mesure que mon utérus s'est vidé je me suis sentie de plus en plus vide.

J'ai eu ce qu'on appelle un œuf clair...c'est à dire qu'il y a bien une ébauche de placenta, mais l'œuf, qui est venu s'implanter dans la cavité utérine, est vide. On a tous les symptômes d'une grossesse, les analyses confirment que vous êtes enceinte, et pourtant, l'embryon ne se développe pas. Enfin sur l'échographie on voyait quelque chose dans le placenta, ce n'était pas totalement vide mais ce n'était pas non plus un fœtus. J'ai lu des témoignages de femmes ayant vécu cela et souvent la même chose revient ce sentiment de ne pas être enceinte malgré les test positifs. Ces témoignages m'ont soulagés, je me suis sentie moins seule. Du moment que j'ai su pour ma grossesse, j'ai imaginé le bébé et toussa mais je ne suis jamais parvenue à acheter quelque chose, je ne sais pas quelque chose me bloquait. Et je ne vous parle par des nuits remplies de cauchemars que je passais. Comme si je savais l'issue de tout ça.


J'ai eu de la chance à la maternité d'être reçue sur des personnes douces et empathiques, le sage-femme était tellement désolé pour nous. On m'a aussi bien expliqué ce qui se passait, savoir ce qui se passe il ne faut pas croire mais ça aide. L'humanité aide aussi dans ce genre d'épreuve. Parce que même si les fausses-couches sont finalement quelque chose de banal pour les soignants, ça reste une tragédie dans la vie de futurs parents.



Depuis une semaines les journées me paraissent sans fin, mon futur s'est écroulé,  je n'ai envie de rien à part pleurer et dormir...ce que bien sur je ne peux pas vraiment faire puisque je dois assurer dans ma vie de maman. Heureusemet j'ai aussi des moments où je rigole parce que malgré tout la vie reprend le dessus. Je suis en mode automatique, j'essaie de sourire et de continuer à vivre. Je sais que la vie n'est pas tendre, elle n'a jamais été tendre avec moi et qu'elle ne le sera jamais. Je surmonterais tout ça mais je vais avoir besoin de temps, certainement plus que je ne pensais au début


Quand je me suis réveillée mercredi matin,  j'ai cru à un cauchemar mais non c'était juste la triste réalité.  Une réalité que connait quasiment toutes les femmes un jour dans leur vie d'après la gynécologue.  

Les jours passant je n'en peux plus des gens qui me disent « la prochaine fois sera la bonne », « tu vas vite retomber enceinte ». Je sais qu'il n'y a pas une once de méchanceté dans ces paroles, ce sont des paroles dites pour atténuer la douleur, pour positiver, pour relativiser...mais si vous saviez comment elles sont blessantes parce que la douleur comme la colère sont belles et bien là... et elles ne vont pas s'évaporer en un claquement de doigts.


Actuellement je ne pense pas au prochain bébé, je n'ai même pas envie d'y penser. Je ne sais même pas si j'en veux un autre. On ne remplace pas un bébé par un autre.Je n'ai qu'en tête celui  qui devait naître en août...mon autre petit vierge (ma fille est de début septembre, moi de fin août)  celui que j'aurais dû sentir grandir au creux de mon ventre, celui dont j'imaginais déjà l'aménagement de la chambre, celui qui avait déjà un prénom mais ne le portera jamais,  celui dont je ne saurais jamais le sexe, celui qui n'aurait jamais la moindre existance à part dans mon coeur...


Alors oui ce n'était pas encore un bébé, ce n'était qu'un minuscule amas de cellules mais moi je m'étais déjà projeté dans notre futur, pour moi il existait déjà. Je voyais la rentrée 2017 avec bébé dans son landau et mini chou faisant sa rentrée au CE1 , je voyais notre premier Noël... 

Avant je ne comprenais pourquoi les femmes pouvaient être autant affecter par une fausse couche précoce, tout simplement parce que je m'arrêtais au raisonnement pragmatique de la chose. Du moment qu'on sait qu'on va être maman on s'investit sentimentalement même si ce bébé n'est encore qu'un amas de cellules. Même si on sait que la nature fait bien les choses, ça n'en reste pas moins douloureux. 


Ce soir j'ai eu ce besoin de tout mettre par écrit. J'ai cette tendance à avoir l'écriture cathartique, écrire ce qui ne va pas me libère. Je ne cherche pas à qu'on me plaigne, je ne cherche pas la pitié. J'ai juste besoin d'écrire, de vomir mon mal-être pour avancer mais aussi de partager cette triste expérience parce que je me rends compte que finalement que la fausse-couche reste un sujet plutôt tabou en 2017, c'est vraiment dommage de laisser les femmes seules en tête à tête avec leur mal-être. On a tellement besoin d'être entourer das ces moments là. Même si paradoxalement j'ai besoin de beaucoup de solitude pour gèrer en paix mon chagrin.


Hier matin c'était le rdv de contrôle à la maternité avec la fameuse échographie vaginale (quel bonheur d'être une femme), mon utérus est propre comme un sous neuf, mes ovaires vont bien. Physiquement donc tout roule, je traîne juste de la fatigue, il semblerait que le corps ait besoin de plusieurs semaines pour récupérer. Maintenant il va falloir soigner mon moral, ça va prendre plus de temps mais j'y arriverais...même moi naîvement je ne pensais pas que ça me toucherait autant ou bien je ne voulais pas me l'avouer...



J'espère que votre début d'année est meilleur que le mien. Je vous embrasse.







4 commentaires:

  1. Je ne pourrai dire aucuns mots qui puisse te soulager, comme tu dis il faut que tu soignes tes maux de ton côté. Ecrire fait du bien, calme, on pose les mots sur notre douleur. Je suis de tout cœur avec toi comme je te l'ai dis, si tu as besoin de m'écrire n'hésite pas. Et même si ce n'était qu'un amas de cellules il sera toujours dans ton cœur, et c'est finalement l'endroit le plus important. On oublie pas il(s) nous accompagnent au quotidien <3

    Aucun autre enfant ne remplacera celui-ci, (je ne t'explique même pas le sentiment que j'aurais lorsque j'aurai mon premier enfant après quatre fausse couche..)

    Je t'envoie tout mes bisous, tout mes ondes positives <3

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    1. Merci ma douce <3 Merci pour tes mots. Des bisous

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  2. Oh Angelique.... pour l'avoir vécu aucun mot ne peut apaiser la souffrance et sincèrement seul le temps fait son travail...
    Je te souhaite du courage dans cette épreuve... beaucoup de courage, et je pense fort à toi...

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